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Front de Gauche PACA
Le blog des élus régionaux
Mardi 29 mai, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a reçu des représentants des organisations syndicales (CGT, CFDT, FO et CGC. L’UNSA, la FSU et Solidaires devant être reçus mercredi et jeudi) et du patronat pour amorcer un « dialogue social ». Cette journée de rencontres doit se poursuivre par une première conférence à Matignon début juin pour ensuite préparer la véritable « Conférence sociale » mi juillet qui doit ouvrir un processus de discussion sur plusieurs mois. Aucune décision n’a donc été annoncée hier mais des questions urgentes sont d’ors et déjà posées aujourd’hui et auxquelles des solutions rapides doivent être trouvées.
La première urgence concerne l’emploi. C’est une catastrophe sociale qui est aujourd’hui en cours. Chaque jour apporte son lot de mauvaises annonces : Air France, Neo Sécurité, le volailler Doux, Carrefour, Société Générale, Fnac, Hersant… La CGT a recensé plus de 46 entreprises qui prévoient des plans sociaux pour un total de 46 000 emplois supprimés , soit plus 90 000 emplois concernés avec les répercussions chez les sous traitants et les entreprises des secteurs concernés. Entre janvier et mai 2012, c’est plus de 31 000 emplois qui auraient déjà été supprimés. Et cela sans compter les licenciements masqués que constituent en particulier le non renouvellement des CDD et des contrats d’intérim. Depuis un an, il est estimé que plus de 32 000 postes d’intérimaires ont été supprimés. C’est une précarité généralisée qui est volontairement organisée et qui transforme les être humains en simples variables d’ajustement dans la course à la sacro sainte « compétitivité ». Cette situation a encore été aggravée par la réforme faite par Sarkozy en 2008 mettant en place la « rupture conventionnelle » qui affaiblit la possibilité de contestation par les salariés de leur licenciement. Cette réforme fragilise l’ensemble du monde du travail et doit être abrogée sans tarder. Depuis plusieurs jours, le ministre du « Redressement productif » Arnaud Montebourg joue les pompiers et rencontre les salariés menacés par des plans sociaux, prévoit de nommer des médiateurs, de permettre la reprise des entreprises par leurs salariés. Mais pour éteindre un tel incendie, il faut étouffer le feu à la base ! C’est ce que propose le Front de Gauche en proposant un moratoire sur l’ensemble des plans sociaux en cours, face à cette situation de catastrophe sociale, pour ne pas se limiter à gérer les situations entreprise par entreprise. De nombreuses luttes sont en cours. Elles doivent s’amplifier, se rassembler et s’accompagner d’une bataille pour des propositions politiques globales. Ce sont des réformes structurelles qu’il faut imposer : interdire les licenciements boursiers, limiter drastiquement le recours aux emplois précaires, rétablir le CDI comme norme de l’emploi, aller vers la création d’une Sécurité Sociale professionnelle qui garantisse le revenu des salariés entre deux emplois et qui permette de sortir de la peur du chômage.
Le deuxième dossier en débat concerne la question des retraites. Le gouvernement prévoit de rétablir le départ à 60 ans pour les salariés qui ont commencés à travailler entre 18 et 19 ans et qui ont cotisé 41 annuités. Le patronat proteste de cette modeste réforme qui menacerait l’équilibre des caisses de retraites. Mais en fait, cette disposition concernera moins de salariés prévus (100 000 au lieu de 150 000) et coutera moins chère que prévu (2 milliards par an au lieu de 5 milliards). Pour les salariés concernés, cela constitue un progrès, même si le périmètre définitif des périodes pris en compte ne devrait pas être entièrement connu avant le résultat des législatives… Ainsi, les périodes validées d’arrêt maladie et de congés maternités devraient ainsi être intégrées dans le calcul mais pas l’ensemble des périodes de chômage (sauf pour les séniors en situation difficile). Cette mesure qui était prévu dans l’accord PS-EELV signé en novembre est d’ailleurs en retrait par rapport au programme présidentiel du PS adopté en mai 2011, qui prévoyait le retour à l’âge légal de 60 ans pour tous en maintenant la durée de cotisation de 41 annuités (« pour que chacun ait le choix » disait les autocollants du Parti socialiste pendant les manifestations de l’automne 2010). Mais l’aspiration au droit à partir avec une retraite digne à 60 ans est encore largement majoritaire dans le peuple. La réforme systémique prévue par la loi pour l’année 2013 doit être l’occasion d’une grande mobilisation sociale pour imposer le retour à la retraite à 60 ans pour tous à taux plein ! C’est l’objectif que le Front de Gauche porte depuis des mois et va continuer à faire entendre.
Enfin, le troisième dossier sur la table concerne la hausse du SMIC. La CGPME a protesté vigoureusement contre toute hausse qui, selon elle, menacerait l’emploi. Mais ce qui empêche aujourd’hui les petites entreprises de se développer, c’est bien plus le refus des grandes banques de leur prêter l’argent qui leur permettrait d‘investir qu’une hausse du SMIC qui pourrait être compensée pour les entreprises les plus en difficultés par des facilités de financement qu’un pôle financier public leur accorder. Le gouvernement s‘engage pour l’instant à donner un « coup de pouce » début juillet. Mais, aussi bien venu soit-il après 5 années de vaches maigres, ce coup de pouce ne permet pas de répondre sérieusement à la demande légitime d’un salaire juste qui permette de vivre correctement de son travail. Les questions posées par le Front de Gauche pendant la campagne présidentielle pour populariser la revendication du SMIC à 1700 euros reste toujours d’actualité : comment est il possible de vivre dignement et de nourrir sa famille avec 1000 euros par mois ? Nous attendons toujours les explications de Mme Parisot et de ses amis du CAC 40…. C’est une autre répartition des richesses qu’il faut imposer de toute urgence.
La situation du monde du travail est grave et d’autres exigences sont sur la table. La CGT a ainsi posé la question de la situation des travailleurs sans papiers dont la régularisation est une exigence de justice incontournable. La situation des hôpitaux est elle aussi extrêmement préoccupante alors que plusieurs sont menacés de faillites dans les prochains mois suite à l’arrêt des financements que la banque DEXIA leur octroyait. Pour prendre ces problèmes à bras le corps, il faut mettre le peuple en mouvement. Après la défaite de la droite, de nouvelles possibilités se présentent pour imposer de nouveaux progrès sociaux. Mais ce ne sont pas des mois de « dialogue social normal » qui permettront de faire face à ces questions cruciales. C’est ce que le Front de Gauche est déterminé à développer pour répondre aux besoins vitaux des classes populaires.
La clé du changement, c’est le peuple !